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C'est la part résistante qui nous intéresse...

Je rebondis sur un échange que nous avons eu après un kriya yoga un matin.


Il y a une part en nous qui est décidée, volontaire, qui veut la vulnérabilité, la conscience, la libération des émotions. OK. Mais il y a aussi une part voir même plusieurs parts en nous, inconscientes, qui résistent. 


Sinon tout serait déjà fait.


Si nous croyons que nous nous résumons à notre conscient volontaire sage et raisonnable, nous nous fourrons (un peu) le doigt dans l'œil. Si nous ne sommes pas encore dans la la plénitude de l'Être, c'est que nous avons des parts résistantes, en nous, inconscientes, et c'est ça le plus intéressant. C'est ça le gros du travail. Parce que sinon, tout se fait. L'énergie circule, les émotions se libèrent, la reliance se fait avec le divin, la terre nous donne sa force, nous jouissons de tout et de la vie.


Si ça n'a pas encore lieu ou pas parfaitement lieu, c'est qu' il y a de la résistance en nous et qu'elle ne dépend pas de notre conscient ou de notre volonté. 


Enfin si, elle dépend de notre volonté dans la mesure où nous pouvons choisir d'aller l'explorer, la voir, et éventuellement dialoguer avec elle.


Les parts résistantes en nous, elles nous font souvent honte. On cherche la vulnérabilité et puis la part résistante refuse d'être vulnérable. On veut être dans l'amour et puis la part résistante est pleine de rage. On veut se mettre à genoux devant plus grand et la part résistante fait la gueule ou veut faire toute seule. On veut être dans l'humilité et le lâcher prise et la part résistante veux prouver qu'elle peut, qu'elle est forte et qu'elle mérite reconnaissance. Elle veut réussir.


C'est rageant de savoir que nous ne pourrons quêter le bonheur qu'en abandonnant le fait de prouver aux autres qu'on valait, qu'on vaut quelque chose. Car nous avons tellement besoin de nous réhabiliter...


Mais nous sommes libres. Nous pouvons choisir de continuer comme ça. À essayer de compenser, à essayer de nous réhabiliter. Ou laisser tomber, et nous tourner vers l'Être. 

Quoi que nous fassions, la vie nous emmènera de toute façon à cet endroit. À force de vouloir prouver et démontrer, à force que ça fasse pschittt, nous serons bien obligés de lâcher prise, et de prendre une autre voie, moins directe apparemment, mais plus productive.


Donc tout est parfait. Chaque expérience où nous sommes dans la part résistante et compensatrice de la blessure nous amènera à une douleur qui, si nous l'acceptons, nous permettra de déconstruire un peu plus. Et donc de nous rapprocher un peu plus de l'Être incarné, libre, puissant, autonome et manifestant que nous sommes au fond, et avons toujours été. Quoi qu'aient pu nous dire papa Maman frérot les profs les camarades la société et tutti quanti. 


Et si tout ça a été une vaste mascarade ? Et si oui nous n'avions jamais failli ? Et si notre sensibilité, notre vulnérabilité d'enfants était notre plus grande puissance, et que c'était notre société qui était malade, nous renvoyant une image de nous insuffisant, fragile, torturé, hors norme, inadapté, défaillant, contre laquelle nous passons notre vie à nous battre, en vain ? 


Il n'y a pas de combat. Se mettre en combat, c'est accorder crédit. C'est reconnaître l'adversaire. Mais il n'y a pas d'adversaire. Il y a juste une folie humaine dont on peut choisir de s'écarter. Qu'on peut décider de ne plus alimenter, pour renouer avec soi, ce que nous sommes vraiment et qui n'a pas besoin d'être défini par l'extérieur, et surtout notre monde.


Et croyez-moi, ce que nous sommes,



ce n'est pas petit.



 
 
 

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